Que diriez-vous de nous suivre en safari?

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Népal - Katmandou
de K et G, le 30-10-2006

Que diriez-vous de nous suivre en safari?

Namaste! (Bonjour en Nepalais).

Nous avons pris un coup de vieux en arrivant au Nepal puisqu’ici nous avons 83 ans. Eh oui! Nous sommes en l’an 2063! (Le calendrier nepalais n’a pas la meme origine…) Pourtant nous avons l’impression d’avoir rajeuni quand nous sillonnons, le coeur leger, les rues de Katmandou embaumees d’encens.
Les nepalais sont accueillants: leur sourire, leur salut, leur pacifisme,… Nous nous sentons si bien ici! La nourriture est un delice! Le dal bhaat, le tandoori au poulet, le naan au fromage de yak, le poulet ou les legumes au curry, … (cf. photos). Les thes au lait rejouissent egalement nos papilles chaque jour. Ici, comme en Chine, les desserts sont tres rares mais nous sommes desormais habitués…

Notre trek:
L’aventure a commence quand nous avons rencontre notre guide: Kanchaman Lama, dans une rue de Katmandou alors que nous partagions une delicieuse papaye avec un vieillard et un enfant, assis sur un banc, au soleil. L’homme s’est approche de nous et nous a tout simplement propose un trek. Plus tard, dans un p’tit café, il nous a montre son “book” qui contenait de nombreuses lettres de recommandation en anglais, allemand,… et francais. C’est a la vue de cela que nous avons decide de lui faire confiance. Il a deplie sa carte et tres vite nous etions seduits par la region du Langtang. Il a fallu negocier un prix, choisir la date du depart, l’heure,…
Le lendemain, il est venu nous chercher a l’hotel pour l’achat des billets de bus et surtout pour nous presenter l’un de ses fils, Kalam, 20 ans, etudiant la langue francaise a l’alliance francaise de Katmandou. Kalam, après un moment de discussion nous demandait s’il pouvait nous accompagner: cela lui permettrait de progresser en francais… Malgre le cout supplementaire, nous acceptions avec plaisir.
C’est a 8h que nous partirons le lendemain.
Katmandou-Dunche: 8h de bus et quelques frayeurs notamment quand sur un chemin de montagne (forcement), juste assez large pour le bus, le chauffeur s’est arrete pour verifier en tapant fortement sur le sol, que la route ne s’effondre pas dans le VIDE! “Guillaume, tu ne veux pas qu’on sorte! On remontera après…” A chaque fois, dans ces situations, on a des petites crises de fou rire! Ca nous semble tellement loin de nous et puis ca fait passer le stress! Pour que le bus ne recule pas dans les montees, le gamin charge de gerer le flux des passagers (le bus est surpeuple a l’interieur comme sur le toit) descend mettre une grosse pierre qui sert de calle…
Arrives a Dunche, nous subissons le “racket” des maoistes, comme tous les touristes qui font un trek, soit 1000 roupies par personne. Les maoistes, parti oppose au gouvernement actuel, essaie d’etablir le communisme. Malheureusement certains echos que nous avons eus tendent a dire que le comportement des maoistes n’est pas toujours en adequation avec leurs idees (crimes dans les campagnes reculees). Toutefois, d’apres un jeune nepalais que nous avons rencontre, les maoistes redistribuent aux pauvres l’argent recolte.
Nous dormons a Dunche, après un bon dal bhaat, le plat de base des nepalais (cf. photo), la determination de notre trajet avec Kantchaman Lama et pour Kindie, un cours de francais sur le futur (non proche) a Kalam.
Nous dormons cette nuit a 2030 m d’altitude.
Le lendemain, nous commencons notre trek en direction de Thulo Syaphru. Le soir, nous rencontrons des amis de Kalam (gerants de l’hotel). Kindie discute avec une jeune femme qui lui explique qu’elle est tres malheureuse car elle a fait un mariage d’amour mais n’etant pas de la meme caste que son epoux, sa belle famille, chez qui elle vit, la rejette. Elle appartient a la caste tibetaine alors que son mari est un tamang. Il y a de nombreuses castes au Nepal. Kalam nous a explique que pour lui, dans un couple, appartenir a la meme caste n’est pas important. Ce qui compte c’est de partager la meme pensee. Pour lui: le bouddhisme. Ses amis nous ont emmene a la fete du village: nous sommes en periode de festival. Des hommes sont assis en cercle et jouent beaucoup d’argent en buvant du vin de riz. Nos amis nous expliquent qu’il ne faut pas s’eterniser ici car ils peuvent devenir tres violents. La veille, la nouvelle amie de Kindie a recu un coup dans l’oeil alors qu’elle essayait de separer 2 hommes. D’ailleurs, l’un de nos compagnons, Biru Lama, nous explique qu’il vaut mieux perdre lorsque l’on s’aventure a jouer… Dans la case, des cuisiniers preparent des momos (cf. photo). Attroupes devant la case, des enfants et des femmes regardent un film de combat (extremement violent) sur un poste de television. Une ampoule eclaire la fete. Plus loin, un minuscule “magasin” appele “le marche de nuit”. Ce soir, nous dormons a 2210 m d’altitude. Avant de se coucher Kindie donne ses medicaments contre la douleur a sa nouvelle amie pour son oeil. Elle regrettera de ne pas en avoir garder un peu a 4380 m d’altitude!!!
Le lendemain 8h, apres un pain tibetain au miel nous reprenons notre route en direction de Shin Gonpa. Ce soir nous dormirons a 3250 m d’altitude. Kanchaman nous demande de l’appeler “aba” (papa en nepalais) et Kalam appelle Guillaume “brother”.
Nous marchons, admirons le vert Nepal parfois avec emotion. Nous traversons des ponts “very old” d’apres notre guide. Effectivement certains n’ont plus toutes leurs lattes de bois et cela stresse beaucoup Kindie qui ne veut surtout pas prendre un bain gele dans le torrent qui s’ecoule a quelques metres au dessous d’elle.
Ce soir Kalam commencera le niveau 3 de son livre de francais avec “sa professeure” pres du poele, dans un hotel ou nous rencontrerons une famille belge (3 enfants) tres sympathique, vivant a Katmandou. Petit clin d’oeil aux collegues, le plus jeune enfant (5 ans) apprend a lire a partir de la methode Ribambelle a l’ecole francaise de Katmandou! Pour l’anecdote, l’auteur de cette methode de lecture (utilisee par Kindie) vit a Vienne, en Isere.
Le quatrieme jour, nous grimpons en direction de Gosainqund (4380 m d’altitude). La neige parseme les montagnes. On dirait des gateaux au chocolat recouverts de sucre glace. (Oui ca fait 55 jours que l’on n’ a pas mange de dessert et c’est un mensonge quand on dit que l’on s’habitue!)
Nous arrivons dans un petit hotel, le moins confortable et surtout le moins chauffe mais nous acceptons d’y passer la nuit car Kalam nous explique qu’il y a 4 hotels dans ce bourg. Tous les autres sont remplis de touristes et celui-ci est vide… Les “gerants” ont beaucoup de mal a s’en sortir… Nous ne regretterons pas ce choix. En effet, nous avons pu echanger avec cette famille d’une gentillesse purement authentique. Leurs enfants: Damchidolma, la petite fille d’environ 7 ans et Dawakhamsung, le petit bonhomme de 3 ans et demi dansaient de bon coeur dans la neige pendant que deux enfants plus ages faisaient des rythmes avec une sorte de tambour (cf. video). Ca aussi c’etait authentique! Aujourd’hui, c’est la fete des vaches qui sont couronnees de fleurs. En dansant les enfants expriment leur joie et recoltent un peu d’argent pour s’acheter des bonbons… Nous apprenons que l’hotel appartient au gouvernement. Il se situe dans un parc national. Tous les ans, les “gerants” changent. Cela pour que tous les villageois aient “leur chance”. “Les enfants se plaignent du froid, ils veulent redescendre au village”, nous explique Kalam. Le papa nous dit que les enfants ont le visage tout abime par le froid. A la fin de l’hiver ils ont la peau du visage noire.
Effectivement, il fait un froid difficilement supportable. Il y a des stalactites autour des paroies du toit et le contour des toilettes turcs est recouvert de glace. Cette nuit, Kindie ne dormira pas: l’altitude lui cause une migraine tenace… et elle n’a plus de medicaments contre la douleur…
Le lendemain, jour de la fete des freres et soeurs (ce jour la, les freres et soeurs s’offrent mutuellement des cadeaux et toutes les familles fabriquent des pains de toutes sortes. Les enfants portent de magnifiques colliers de fleurs, souvent jaunes car c’est la couleur du bouddhisme, et se promenent avec leur bouteille de soda. C’est un bonheur de les voir chanter et danser et faire des bulles avec leur gomme a macher), le trek prend une autre dimension. La difficulte s’accroit. Nous grimpons jusqu’a 4610 m ou nous passons le col Lauribinayak et poursuivons en direction de Tharepati (3510 m). Nous avons parfois l’impression que l’interieur de nos cuisses a pris feu. Au fait, Ben, nous ressentons un peu le manque d’oxygene en grimpant, notre respiration est plus haletante mais c’est tres leger, sans doute les etapes ont permis a notre corps d’apprivoiser l’altitude.
Nous arrivons epuises après 8h30 de marche. Kindie fait une p’tite crise d’hypoglycemie dans les derniers metres (“il fallait bien que je fasse un peu mon boulet”), c’est la qu’aba m’apportera une tasse de the au lait sucre a mon arrivee (cf. photo).
Guillaume est ereinte. Il porte depuis 5 jours un sac a dos d’environ 10 kg avec nos duvets, nos lampes, 1 serviette, la camera, un change pour chacun de nous, du savon et surtout notre brosse a dents! ;-) A l’hotel nous rencontrons un groupe de francais dont des iserois super sympas! Non non on n’est pas chauvin ;-)
Le lendemain, nous decidons d’ecourter notre trek de 3 jours: nous commencons a etre fatigues et voulons prendre le temps de visiter la capitale. Nous changeons donc d’itineraire et redescendons jusqu’a Thimbu (1580 m) en longeant la riviere et en traversant la jungle nepalaise pendant 8h30.
Le lendemain, après avoir tous les deux vomi notre the (on ne sait toujours pas pourquoi) nous marchons jusqu’a Kiul pour prendre le bus en direction de Katmandou. Nous arrivons a 15h après avoir mange des cacahuetes dans le bus. Nous invitons notre guide et son fils au restaurant: RV a 20h. De retour a l’hotel, nous revoyons notre Jennifer qui nous apprend qu’elle s’est faite operer aujourd’hui de ses calculs reinaux. Cela a “file le bourdon” a Kindie… Mais nous sommes rassures d’apprendre qu’elle ne souffre plus. Nous prenons ensuite une douche bien meritee après 7 jours embaumes mais pas a l’encens de Katmandou, si vous voyez ce que l’on veut dire… Puis Guillaume va retirer de l’argent pendant que Kindie depense le peu qu’il reste en achetant un paquet de gateaux et du chocolat a un enfant. La carte bleue est aspiree par la machine qui a arrete de fonctionner soudainement. Heureusement que nous avions des cheques de voyage…
Nous partageons un repas delicieux avec nos convives. Nous nous couchons tot ce soir.
Le 28 octobre, a la premiere heure, nous allons a la banque en rickshaw pour recuperer notre carte bleue. Nous mangeons de delicieux gateaux (Maud, ceux que l’on “tranpouillait” dans le the en Irlande au mois de mai, au gingembre!) Un vrai bonheur et de bons souvenirs…
Hier soir, le 29 octobre, nous etions invites a diner chez notre guide. Nous avons passé une belle soiree. Le repas prepare par l’un des fils de Kantchaman, celui qui est cuisinier, etait succulent! Nous nous sentions bien au sein de cette chaleureuse famille. Les freres de Kalam nous regardaient manger et nous servaient. Quand nous avons demande: “pourquoi tes freres ne mangent pas avec nous?”, Kalam a repondu : “c’est en signe de respect pour vous!” Nous nous sommes ensuite echanges des presents. Sur chacun de ses cadeaux pour nous, Kalam avait ecrit un mot plein de son affection. Nous etions tres touches! Nous avons recu des produits nepalais: du the, du café, des rouleaux de prieres, une magnifique peinture, de l’encens tibetain, un calendrier en papier de riz et des confiseries!

Nos traditionnelles remarques:
- Au Nepal, 2 religions sont dominantes: l’hindouisme et le bouddhisme.
- Comme a Hong-Kong, la conduite est a gauche et le chauffeur est assis a droite dans la voiture ou le bus.
- La monnaie est la roupie nepalaise: 1 euro = 90 roupies nepalaises.
- Les chiffres sont differents des notres. Ce ne sont pas les chiffres arabes mais ils sont en sanscrit (cf. photo).
- Les enfants qui vont a l’ecole portent des uniformes, de l’ecole primaire aux classes secondaires (cf. photos). Les ecoles sont mixtes. Il y a beaucoup d’enfants qui ne vont pas a l’ecole. Ils travaillent pour aider leurs parents trop pauvres pour nourrir leur famille. C’est ce que nous a explique un enfant qui vendait des objets dans les rues de Katmandou alors que nous lui demandions ou il avait appris a parler si bien anglais. “Dans la rue”, nous a –t-il repondu “car je ne peux pas aller a l’ecole; je dois aider mes parents qui sont tres pauvres!”
- Les femmes portent de splendides saris, tres souvent de couleur rouge.
- Dans les rues de Katmandou, nous entendons souvent parler francais. Apparemment, le Nepal est un pays que les francais aiment beaucoup et nous ne faisons pas exception a la regle!
Kindie a envi de vous faire partager un de ses textes preferes auquel elle pense souvent depuis le debut de ce voyage:
Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »
O servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? que veut-il ? »
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
O Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !
Victor Hugo, “Melancholia”, (ecrit en juillet 1838)
Les Contemplations, Livre III.

Dondebat (merci) a tous de nous avoir lu.

PS: les classes du projet vont bientot recevoir un colis surprise...

A bientot,

Les nepalais.

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