Vous vous appretez a lire la derniere newsletter que nous vous enverrons du Bresil. La derniere fois, nous vous faisions part de notre envie de visiter le Teatro Amazonas. Eh bien, c'est chose faite! Nous avouons avoir particulierement apprecie l'interieur du Teatro da Paz de Belem mais l'exterieur de celui de Manaus, avec sa coupole en ceramique coloree et sa route d'acces concue en caoutchouc pour que les caleches des retardataires ne fassent pas trop de bruit, est absolument incomparable. Nous avons egalement use nos semelles dans le "mercado municipal", ou l'on peut deguster un jus d'acai que l'on ne peut trouver qu'ici dans le monde puisque l'acai est une petite baie noire d'Amazonie et de nulle part ailleurs.
Petite anecdote en passant:
En buvant son 2eme jus d'acai, Kindie se rejouit: "c'est super bon. On dirait du chocolat melange a du lait concentre et je peux en boire beaucoup, c'est un fruit, ca ne doit pas faire trop grossir!" Guillaume repond: "tu rigoles! C'est hyper energetique. Ici, c'est la boisson favorite des bodybuilders, c'est ecrit dans le guide." ;-)
La veille au soir de notre depart en excursion, nous allions vous donner quelques nouvelles sur Internet et la!!! Cinq hommes en uniforme entrent et se mettent a crier sur un jeune adolescent, pendant qu'un homme muni d'un enorme appareil photo "mitraillait" la scene. "Ca, c'est une arrestation!", dit Guillaume. Mais soudain, les voila qui crient apres un autre jeune, et encore un,... Et le cyber cafe se vide au fur et a mesure. Guillaume demande a l'un des policiers si nous devons sortir. L'homme repond: "non, seulement les mineurs." Ainsi, au Bresil, c'est sans doute inscrit dans la loi qu'a une certaine heure, les mineurs ne doivent plus surfer sur le net.
Le lendemain matin, nous embarquions a bord d'un bus, puis d'un bateau, puis d'un bus et d'un autre bateau, pour se retrouver dans la jungle amazonienne. Sur la route, nous voyons pour la premiere fois, des nenuphars geants: ca donne envie d'etre une grenouille! En traversant le Rio Negro et le Rio Amazonas, le guide nous a explique pourquoi ils se suivent sur 5 a 6 km avant de se melanger. Il y a 3 raisons scientifiques:
- la temperature: le Rio Negro est plus chaud que le Rio Amazonas,
- le PH: le Rio Negro est plus acide que le Rio Amazonas (c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il y a moins de moustiques sur les rives du Rio Negro),
- la vitesse: le Rio Amazonas va de 2 a 3 km/h plus vite que le Rio Negro.
Puis, alors que nous naviguions sur l'un des affluents de l'Amazone, nous apercevions, perche dans un arbre, un magnifique iguane. En arrivant au gite, les dauphins, les roses comme les gris, font de multiples et breves apparitions, comme pour nous souhaiter la bienvenue. Il fait chaud et humide. Avant le repas, nous decidons de nous baigner dans le fleuve, non loin des dauphins, avec les piranhas, qui ne s'attaquent pas aux grosses betes comme nous excepte si l'on saigne beaucoup..., et comme nous le verrons plus tard, a quelques metres du territoire des caimans!!! Au repas, la specialite locale, un bon
pirarucu. Le pirarucu est le plus grand poisson d'Amazonie et il peut peser jusqu'a 130 kg. C'est le seul poisson qui a la particularite de sortir de l'eau a toute vitesse pour manger les oiseaux qui se trouvent a la surface! En parlant de poisson, il en existe un ici qui peut produire une decharge electrique de 700 volts. Il se sert de cette force pour se nourrir en envoyant sa decharge sur le tronc du palmier a acai et toutes les graines degringolent! Nous montions ensuite a bord d'une barque pour emprunter, au rythme de la pagaye, de petits sentiers fluviaux, en evitant ou en affrontant les obstacles(lianes, arbres,...) se trouvant sur notre passage. Nous n'avons pas vu beaucoup d'animaux mais quelques toucans en plein vol, un singe qui nous observait du haut d'un arbre et l'ambiance de la jungle nous auront rassasies pour aujourd'hui. Nous tenions a voir un hevea, l'arbre a caoutchouc dont nous vous parlions dans la newsletter precedente. Guillaume a fait une petite cicatrice sur le tronc de l'arbre pour observer le caoutchouc s'ecouler. De retour au gite, les dauphins s'en donnaient a coeur joie et c'etait vraiment difficile de faire un cliche. Ils sont vraiment trop rapides! En tous cas on peut dire qu'ils ont un pouvoir magique: faire retomber les adultes en enfance! Puis ce fut seance de peche aux piranhas, a l'endroit meme ou nous nous baignions le matin. Kindie etait toute contente d'attraper un piranha. C'est vrai ce qu'on dit:"c'est pas la petite bete qui va manger la grosse!" Et ici, c'est meme la grosse qui va manger la petite! Non, malheureusement, nous n'avons pas pu gouter au fruit de notre peche. En meme temps, nous serions restes sur notre faim... Charlie a insiste pour prendre un bain avec eux. A la nuit tombee, sous la pluie dechainee d'Amazonie, nous allions essayer, avec notre guide Matteo, d'attraper un caiman pour l'observer. Un homme a l'avant du bateau eclaira le fleuve sur plusieurs centaines de metres avant de voir 2 billes apparaitre. Matteo arreta brusquement le bateau, mit sa lampe torche dans sa bouche, la fit pointer dans les yeux de notre jeune caiman afin de l'immobiliser et l'attrapa au cou d'un geste rapide. Vint le tour des explications, et biensur de la remise en liberte de ce petit animal aux dents deja bien affutees. Nous avons pu voir les differentes membranes qui recouvrent et protegent les yeux de ce reptile tout doux. Ici les Caboclos ont l'autorisation de chasser le caiman (uniquement ceux de taille adulte) pour s'en nourrir.
Pendant le repas, accompagne d'une petite caipirinha bien frappee (et bien frappante dira
Kindie), Guillaume donnait la recette de sa mousse au chocolat, sur un ton indescriptiblement gourmet, a une allemande plutot gourmande et loin de son pays depuis deja une bonne douzaine de mousses au chocolat si vous voyez ce qu'on veut dire... Une veritable partie de rigolade! "Il n'y a vraiment qu'avec des Francais que l'on peut parler de choses comme ca!", s'est-elle exclamee. Le lendemain, leves 5h pour aller voir le lever du soleil et des oiseaux! Vautours, chouettes, aigles pecheurs, pics verts, martins pecheurs, "king bird", ibis (blancs), canards sauvages, perruches, petits oiseaux bleus et blancs et d'autres a la tete toute rouge, etaient au rendez-vous. Et au programme de la matinee, 3h de marche dans la jungle. Notre allemand, Franz, ou plutot
Rudiga puisque nous avons appris que Franz etait en fait son nom de famille, etait malade. Apres une bonne tourista, il a enchaine avec un rhume et une grosse fievre. Et du coup, il avait le moral dans les chaussettes.
Qu'avons-nous vu? Des arbres dont on extrait la seve pour colmater la coque des bateaux. Des patates sauvages et sucrees. Des fourmilieres enormes et des thermitieres. L'arbre a castanhas. Des baies et des graines de toutes les couleurs. Des plantes servant a fabriquer des paniers. Des roseaux qui produisent naturellement un son lorsque l'on souffle dedans. Des plantes aux vertus medicinales. Des arbres a epines empoisonnees auxquelles il ne vaut mieux pas se frotter. De la canelle et toutes sortes de fruits d'Amazonie "muito bom! L'apres-midi, vers 15h, nous prenions tous les 2 les rames, en compagnie du guide, Rudi (c'est son surnom) etant trop fatigue pour venir; en direction de la jungle profonde. A 17h, nous commencions a installer le camp. Mise en place de la
bache en cas de pluie sur des rondins encastres. Puis nous attachons nos hamacs aux troncs des arbres et les recouvrons d'une moustiquaire. La nuit tombe tres vite. Nous allumons le feu et l'entretenons avec le bois que nous avons ramasse. Il est l'heure d'aller installer le filet. Toute la nuit Matteo se levera quand il entendra qu'un poisson est coince dedans pour le recueillir sinon les caimans viendront manger les poissons et abimer son filet par la meme occasion. Mais cette nuit, Matteo n'aura pas a se donner cette peine car les poissons nous ont fait faux bond ;-) Nous mettons ensuite les brochettes de poulet a griller et pouvons discuter tous les 3 a loisir. Nous sentions que notre guide etait chez lui ici et apprenions bientot que Matteo est en effet un indien de la tribu des wayanas. Il a vecu toute son enfance et sa jeunesse dans la jungle avec sa famille qu'il retourne voir de temps en temps puisqu'il vit desormais a Manaus avec sa femme et sa fille de 1 an, Emilia. Quand il parle d'Emilia, il a les yeux qui s'illuminent. Il parle couramment anglais pour avoir vecu 8 ans aux Etat-Unis. Il a deja eu la malaria et nous conseille de bien nous asperger de produits car il decrit ca comme un vrai calvaire. Matteo est, comment dire, different. Loin d'etre sauvage, il a beaucoup d'humour, mais on sent qu'il vient d'ailleurs. Il a comme un mystere en lui que les gens
comme nous ne font que percevoir. Pendant le pique-nique, un singe lance des noix sur le camp. Il nous a presque eu! Matteo explique qu'il fait ca a chaque fois qu'il installe un camp ici. "C'est son territoire!" Il continuera a nous le faire savoir toute la nuit! A 19h30, nous etions deja dans nos hamacs et la symphonie des animaux de la jungle commencait: un morceau de grands virtuoses! ;-) A 5h, Matteo vient nous lever. On plie baggages et c'est l'heure de rentrer. Nous ramassons Rudi a la petite cuillere sur le chemin (non! Il allait beaucoup mieux) et nous allons rendre une petite visite aux Caboclos. Ce fut une rencontre tres tres tres interessante. Ils nous ont explique comment ils font la farine de manioc: ils cultivent le manioc, recoltent les racines, les broient, les pressent pour en extraire le jus et surtout le poison (cyanure). Sans cette manipulation, le manioc est mortel. Quelques feuilles de la plante suffisent a tuer une vache!. Puis ils cuisent le manioc dans un four en terre. Adrielly, 9 ans et son papa ont fait du jus de canne a sucre sous nos yeux. Nous avons d'ailleurs eu le plaisir de le deguster plus tard dans la case, accompagne d'un zest de citron vert. Raimundo, le petit garcon de 5 ans, s'entrainait a ecrire sous le regard attentif de sa maman, Maria. Aujourd'hui la barque scolaire n'est pas venue les ramasser car c'est un jour vaque,
dirions-nous chez nous.
Qu'avons-nous donc decouvert dans le jardin des Caboclos? Des goyaviers, des papayers, de minuscules bananes, des plantes pour soigner les maux de tete et de ventre, le palmier qui produit l'acai, l'igname, le gingembre, le piment, l'arbre produisant le fruit de la passion, l'arbre a cajou, les citroniers, cette plante dont la fleur pique et anesthesie un peu la langue et utilisee dans les mets locaux appelee le jambu, de la canne a sucre, des plantations d'ananas, des plans de manioc, l'arbuste qui produit cette baie un peu acide appelee l'acerola. Nous avons aussi pu goutter a un nouveau fruit, le tucuma que les bresiliens aiment manger avec de la farine de manioc (farofa). Avec les graines d'acai, polies et parfois colorees avec des substances naturelles extraites de plantes, les Caboclos fabriquent de beaux bijoux.
Voila l'Amazonie qui s'acheve et avec elle, c'est bientot la fin de notre sejour au Bresil. Mais avant de quitter Manaus, nous avons visite le centre national de recherche amazonien, accompagnes de Rudi. La, aras, singes, tortues, loutres, nous attendaient, mais surtout le lamantin ou peixe-boi (poisson boeuf), espece ici protegee car en voie de disparition.
Apres avoir pris l'avion pour Sao Paulo et le bus pour Iguacu, nous sommes arrives dans le sud du Bresil. Aujourd'hui, nous sommes alles voir les eblouissantes chutes d'Iguacu! Une veritable cascade d'emotions! Ces chutes se repartissent entre le Bresil et l'Argentine. Demain, nous irons voir le cote argentin, pour comparer ;-)
A bientot a Ascension (Paraguay), gros bisous de Tic et Tac et de Charlie.
PS: Ici la mode pour les filles, c'est d'avoir du poil aux pattes comme dit Guillaume, stupefait de voir ca. En effet, plus il y en a plus c'est tendance! Mais attention, les jeunes bresiliennes n'oublient pas de les teindre en blonds avec de l'eau oxygenee... |