Nos 3 jours a Asuncion!

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Argentine - Salta
de K et G, le 04-04-2007

Nos 3 jours a Asuncion!

Les chutes d'Iguacu du cote Argentin etaient absolument splendide. La gorge du diable etant la plus spectaculaire. 13000 m cube d'eau par seconde se deversent sous vos yeux. Aucune photo ni video ne peuvent retranscrire ce que l'on ressent face a cette beaute puissante. Les 275 chutes d'Iguacu s'etendent sur 2 km et plongent de 80 m de haut, depassant ainsi en largeur comme en hauteur les chutes Victoria et celles du Niagara. Surplombant cette cascade assourdissante, les premiers marins europeens crurent voir la limite de la Terre. En effet, une telle vapeur s'en degage qu'il est impossible de voir le fond du gouffre. Comme vous pourrez le voir sur les photos, des papillons de toutes les couleurs tournoyaient autour de nous et parfois faisaient une petite halte sur nos epaules pour boire notre sueur. MIAM! C'est bon le sel! ;-) Quant aux arcs en ciel, ils finissaient d'achever le chef d'oeuvre de la nature. Pour avoir vu les chutes du cote bresilien et argentin, nous pouvons dire que les 2 cotes sont differents mais tout aussi impressionnants. Apres notre journee en Argentine, nous sommes rentres dormir au Bresil. Le lendemain, nous partions pour le Paraguay.
Vous connaissez deja nos mesaventures au Paraguay. Bon treve de plaisanteries, le 1er avril, c'est termine.
La seule verite dans tout ca, c'est que nous n'avons pas eu a passer l'immigration. Hier nous avons pu constater que ce n'etait pas normal. D'ailleurs notre poisson d'avril etait de mauvais augures... Enfin, immigration ou pas, nous etions bien dans ce nouveau pays presque aussi vaste que l'Allemagne, comprenant environ 6 millions d'habitants dont 97% sont catholiques. Dans le bus pour Asuncion, la capitale du Paraguay, des vendeuses portant un gros panier plein de chipas sur l'epaule embarquaient chacune leur tour pour quelques minutes. Ces petits pains au fromage et aux graines etaient fameux.
Arrives au terminal des bus, des dizaines de petits garcons portant leur petite caisse en bois sur les epaules accostaient les passagers et les chauffeurs pour cirer leurs chaussures. Ils s'assoient sur leur petite caisse pour accomplir leur labeur. La plupart des gens autour boivent dans une tasse en cuir en forme de corne la boisson traditionnelle: le yerba mate (the chaud) ou terere (the froid), heritee des indiens guaranis. Le bombillo qui depasse de la tasse est une paille en metal munie d'une petite passoire. Nous trouvions un hotel pres du magnifique palais du gouverneur et de la riviere Paraguay, dont le gerant, un homme tres sympathique, connaissait l'histoire de notre roquefort (que nous-meme ne connaisssions pas). Pendant la seconde guerre mondiale, un francais est alle cacher son fromage pour qu'il ne soit pas requisitione par les allemands. Apres la guerre, il est alle le recuperer. Des champignons s'etaient formes avec le temps et ce fut un succes. C'est ainsi que le roquefort est ne!
Cet homme etait touchant quand il a dit: "mon reve, avant de mourir, c'est de boire un cafe sur les Champs Elysees!" Son espagnol n'est pas trop difficile a comprendre mais "les personnes qui viennent des campagnes parlent le guarani donc il ne faut pas s'affoler si vous ne comprenez rien", nous dit-il. Il nous a donne de tres bons conseils pour la visite d'Asuncion. Apres avoir change nos reals restants en guaranis (1 euro = 5850 GS), nous sommes alles deguster des specialites paraguayennes dans ce pays renomme pour sa gastronomie. Dans le Lido bar, en face du Panteon de los Heroes, nous nous delections donc de jus de coco au lait pour Kindie et de la biere locale (la baveria) pour Guigui, d'une delicieuse soupe de poisson et d'une empanada (petite tourte) de mandioca: que de delices! Du riz au lait pour le dessert et ca repart. Oui on etait un peu faiblichons avec nos deux chipas dans le ventre depuis le matin. Avant d'aller faire un gros dodo, nous nous promenons sur la place. Il y a un petit marche. On voit que c'est le pays du cuir. Les fameuses tasses et les thermos recouverts de cuir sont magnifiques!
Le lendemain, nous partons visiter la Iglesia de la Encarnacion. C'est dimanche, les rues sont assez desertes mais les Eglises sont bondees. Les fideles se pressent, les bras charges d'offrandes: de beaux objets tresses avec des feuilles. Nous allons ensuite voir la cathedrale bordee de ce que l'on appelle des bidonvilles. Le soir, nous gouterons a des specialites d'une finesse que les francais savent apprecier: la sopa paraguaya, sorte de petit soufflet au fromages et aux oignons ne l'emportera pas sur son cousin le chipa guazu. Et a chacun ses faiblesses, Guillaume prendra une assiette de gnocchis a la creme et au fromage pendant que Kindie se noyera dans un flan au caramel accompagne de dulce de leche (confiture de lait). Vive le Paraguay!
Cette nuit, c'est la fiesta. A la terrasse d'un cafe, on peut ecouter la musique traditionnelle. Pour les francais et a leur demande, le guitariste-chanteur interpretera l'air de polka (rien a voir avec notre polka europeenne) le plus celebre du pays. La polka est une musique jouee rapidement a la guitare et a la harpe, les 2 instruments nationaux. Un vrai regal malgre l'absence de la harpe.
Le lundi, a la 1ere heure, nous embarquons pour Resistencia, pour rejoindre ensuite la ville de Salta en Argentine. Et c'est la que les ennuis commencerent...
En arrivant a la frontiere entre le Paraguay et l'Argentine, tout le monde descend avec son passeport.
_ "Ou est votre tampon d'entre au Paraguay?", demande l'inspecteur.
_ Nous n'en avons pas eu.
_ Par ou etes vous entres?
_ La ciudad del Este.
_ "Venez ici", dit-il en nous faisant signe d'entrer dans le bureau.
L'homme va chercher le passeport d'une touriste europeenne et nous montre le "sello" fait a la ciudad del Este.
_ "Pourquoi vous n'en avez pas , vous? Regardez elle!", poursuit-il.
_ Quand on est arrive, le bus ne s'est pas arrete pour qu'on passe l'immigration!
_ C'est normal, c'est une zone franche. Tout le monde sait qu'il faut s'arreter a l'immigration. Vous devez payer une amende de 360000 GS par personne (soit 60 euros par personne).
Nous expliquons que le bus ne s'est pas arrete mais que s'il s'etait arrete comme ici, nous aurions passe l'immigration. Nous n'avons rien a cacher et il n'y a pas de visa d'entree pour les francais.
L'homme retorque:
_ "C'est de votre faute. Si vous ne payez pas, vous repartez a la ciudad del Este pour avoir le tampon."
Le probleme, c'est que nous n'avons plus un centime en poche. Nous le lui disons. Il repond: "bon, alors vous ne payez qu'une personne."
Nous comprenons a cet instant que quelque chose ne tourne pas rond. Soudain il divise la somme en deux alors qu'il ne cesse de nous dire qu'il ne peut rien faire, que c'est le systeme informatique (il doit enregistrer nos numeros de passeport avant de les tamponer), etc...
Mais meme une personne, on ne pouvait pas payer et vue qu'on avait compris qu'il s'agissait d'un agent verreux, nous etions determines a ne pas lui donner ce que nous n'avions pas ;-) et a prendre le bus pour poursuivre notre route. Mais il ne l'entendait pas ainsi.
_ "Si vous n'avez pas d'argent, repartez a Asuncion pour en retirer." Mais biensur... et la marmotte, elle emballe le chocolat dans le papier d'alu...
_ Est-ce qu'on peut appeller l'ambassade de France?
_ Allez-y! Vous avez une cabine juste la!, repond notre inspecteur, un petit sourire au levres. Il sait que nous n'avons pas d'argent pour appeller. Puis il augmente le son de la television et nous ignore totalement. La pression monte... mais nous savons que face a ces situations, il ne faut surtout pas s'enerver...
Guillaume lui dit: "OK. Entiendo pero como hacer?" ("OK, je comprends mais comment faire?")
L'homme repond: "demandez au chauffeur de vous avancer l'argent. VOus le rembourserez en Argentine."
Il faut maintenant convaincre le chauffeur. Le probleme, c'est qu'il n'a pas d'argent. Enfin, c'est ce qu'il disait car 5 minutes plus tard, ressortant du bureau de notre inspecteur, il nous dit: "OK. Je vous avance."
La, Guillaume continue de negocier avec le douanier:
_ "Bon je paye mais tu me fais un prix."
_ Oui, la moitie. Toi tu payes mais pas ta femme.
Guillaume fait mine de ne pas comprendre (il fait tres bien son Colombo) et lui dit en faisant le geste de se couper en 2:
"la moitie de moi."
Tout le bureau de douane s'eclate de rire et finalement l'inspecteur nous rend soudainement nos passeports en disant: "C'est bon! Partez! Vous n'avez rien a payer!"
Nous obtenons alors notre tampon de sortie du Paraguay et passons a la douane argentine pour obtenir notre tampon d'entree dans ce nouveau pays.
Kindie monte dans le bus dont les passagers commencent serieusement a s'impatienter. Elle prepare 2 cafes (oui les bus sont munis de machines a cafe) pour nous remettre de ces emotions. Pendant ce temps, Guillaume decide de mettre les choses au clair avec le chauffeur pressentant la suite...
_ "On est d'accord, tu n'as rien paye, donc je n'aurai rien a te donner en Argentine."
_ Si! si! si! J'ai paye pour toi! Si tu ne me rembourses pas en Argentine, tu ne prends pas le bus!"
Guillaume lui demande de venir avec lui pour valider ca avec l'inspecteur. L'homme se met en colere et sort violemment nos sacs du bus. Guillaume va demander confirmation a l'inspecteur, qui dit que nous n'avons rien a payer, ni a lui ni au chauffeur.
Pendant ce temps, le chauffeur fait descendre Kindie du bus.
_ "Ton mari, il ne veut pas me rembourser en Argentine."
_ C'est normal! On ne te doit rien puisque tu n'as rien paye! L'inspecteur a retire l'amende!
Guillaume revient voir le chauffeur et lui redit qu'il n'y a rien a payer. Le chauffeur se precipite vers le bureau de l'immigration, ouvre la porte de maniere a ne passer que la tete pour que Guillaume reste a l'ecart et dit a l'inspecteur:
_ "il n'a pas compris qu'il fallait qu'il me paye en Argentine." La nous vous epargnons les explications mais notre inspecteur disait soudainement tout le contraire de ce qu'il venait de dire, soutenu par ses collegues de bureau.
Quand Guillaume a demande le montant et les justificatifs du paiement du chauffeur au douanier, le chauffeur s'enerva de nouveau et partit en disant "puisque c'est comme ca, vous restez la. Moi je pars!"
(Tiens, notre bon chauffeur partirait sans qu'on ne lui rembourse ce qu'il a paye! ;-))
Nous sommes devant le bus avec nos baggages par terre. Le bus demarre. Le douanier arrive avec nos passeports et nous les donne en criant quelque chose au chauffeur. La porte s'ouvre et il nous fait signe de monter.
Tout le monde nous regarde comme si nous etions des criminels alors que nous etions victimes de ce que l'on appelle la corruption.
Il va sans dire qu'a notre arrivee a Resistencia, notre chauffeur verreux n'est pas venu nous reclamer l'argent que nous ne lui devions pas et n'a meme pas daigne sortir de sa cabine.
Nous vous epargnons parfois ce genre de recit mais malheureusement le monde n'est pas si rose...
Arrives a Resistencia, nous apprenons que le bus pour Salta part dans 5 minutes. Le distributeur automatique ne fonctionne pas, nous payons nos billets en cartes. Nous pensions donc faire diete ce soir mais notre bonne etoile etait encore la. Dans les bus argentins, le plateau repas est inclus dans le prix du billet! Apres des journees comme celle-ci, ce sont ces petits rien qui font du bien.
Nous sommes bien arrives a Salta, au nord ouest de l'Argentine, apres 12h de bus, ou nous avons constate au petit matin un changement de temperature.

Remarques:
- Au Paraguay, la conduite est comme en France.
- Nous avons enormement progresse en espagnol pendant notre mesaventure. La pression a du bon! ;-)

On vous embrasse tous +++, K et G et Charlie, qui etait bien content que l'inspecteur ne l'ait pas vu parce que 360000 GS, ca fait tout son argent de poche pour l'Argentine reuni!!!

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